Après le tirage au sort d’APB, l’overbooking de Parcoursup ?

Les 810 957 inscrits sur la plateforme d’orientation Parcoursup ont eu jusqu’au 31 avril minuit pour remplir leur dossier et compléter leur liste de vœux pour leurs études supérieures.
La prochaine date clé est fixée au 22 mai, journée qui donnera le coup d’envoi pour l’annonce des décisions des établissements. Si les dés sont jetés pour les futurs étudiants qui n’ont plus qu’à attendre le verdict, de nombreuses formations sélectives sont en pleine ébullition pour gérer le classement des candidatures qui s’avère bien plus complexe que prévu. Beaucoup d’observateurs avaient fait part de leur inquiétude à ce sujet lors de la présentation du fonctionnement de la nouvelle plateforme, et il semblerait qu’ils aient eu raison puisque de nombreux établissements ne cachent pas qu’ils vont appliquer une stratégie d’overbooking.

Les filières sélectives représentent 68 % des vœux

On sait d’ores et déjà que plus de deux tiers des vœux exprimés par les élèves de terminale et les étudiants en réorientation inscrits sur parcoursup.fr concernent des filières sélectives telles que les DUT, les BTS ou les classes prépas. On observe en particulier une forte hausse des demandes dans les BTS et les DUT, avec respectivement +15,5% et + 26 % par rapport à l’année précédente. Et comme depuis de nombreuses années, la filière des métiers du sport (STAPS) attire énormément de candidats avec une hausse de 17 % cette année. Afin d’anticiper les problèmes qui vont inévitablement se poser avec le manque de places dans certaines filières, le ministère de l’Enseignement supérieur avait décidé de consacrer 13 millions d’euros supplémentaires au financement de près de 20.000 places en université. Nous saurons dans quelques semaines si cela était suffisant.

Un système qui pousse certains établissements à jouer la carte de la sécurité

Pour comprendre les difficultés rencontrées par les filières sélectives, il faut revenir sur l’une des principales évolutions apportées par Parcoursup par rapport à l’ancienne Admission Post-Bac.

Lire notre dossier complet sur Parcoursup

La fin de l’algorithme de l’APB

Ce grand changement, c’est bien entendu la fin du classement des vœux par les inscrits. La plateforme d’orientation APB fonctionnait jusqu’à l’an dernier avec un algorithme tenu secret qui se chargeait de trier les candidatures en se basant sur la hiérarchie des vœux renseignée par chaque postulant. Ainsi, dès qu’un candidat obtenait son admission dans une formation, on pouvait automatiquement l’exclure de toutes les formations correspondant à ses vœux classés plus bas.

Quel impact sur les affectations ?

Puisque Parcoursup n’impose plus aux candidats de lister leurs vœux avec un ordre de préférence, ils peuvent tout simplement recevoir plusieurs réponses positives parmi lesquelles ils devront alors faire un choix définitif. Mais en attendant ce choix ultime, les places ne sont plus libérées de façon automatique et c’est toute la machine qui pourrait s’enrayer. Les quelques responsables qui sont chargés au sein de chaque établissement de trier les dossiers et d’émettre un avis positif ou négatif vont se retrouver face à un cruel dilemme. En effet, ils ne peuvent plus savoir si tel ou tel candidat a placé leur formation en premier choix, et s’il risque donc de décliner l’offre qui lui est faite. Le risque encouru est simple, il revient tout simplement à se retrouver avec un manque d’élèves en début d’année.

La tentation de l’overbooking

Vous connaissez certainement ce terme anglo-saxon faisant référence aux pratiques des compagnies aériennes qui vendent plus de places que n’en contient un avion, et qui comptent sur les défections pour éviter tout problème. La plupart du temps, les clients ne s’en rendent pas compte, mais parfois ça bloque.
C’est exactement ce principe que vont adopter différents établissements en proposant plus d’élèves qu’ils n’ont de places réellement disponibles pour éviter tout risque de sous-effectif à la rentrée.

Par exemple une prépa, qui ne proposerait que peu de places et serait « classée » moins bien que d’autres prépas plus prestigieuses, sait pertinemment que les premiers candidats qu’elle choisirait pour combler son effectif risque d’être pris ailleurs et de ne pas choisir cette prépa. Cependant elle devrait attendre leur défection avant de répondre « oui » à de nouveaux candidates, et ainsi de suite. Ce qui pourrait prendre des semaines pour répondre aux lycéens et remplir les places de la prépa.
De ce fait, pour être sûr de remplir rapidement les places de son effectif, on comprend que cette prépa puisse opter pour un overbooking : par exemple dire oui à 300 candidats pour 45 places et ainsi prendre le risque que trop de candidat accepte cette école.

Dans une récente note, qui traite de cet overbooking sous le terme de « rang du dernier candidat », le problème est abordé par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche qui évoque la possibilité pour le chef d’établissement de « décider de gérer son appel de candidats sur la base d’un rang d’appel qui excède le nombre de candidats à appeler ».

Cette note ne dit pas ce qui se passera si l’on se retrouve avec des candidats n’ayant finalement pas la possibilité d’intégrer une formation pour laquelle ils avaient initialement reçu une réponse positive…

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