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Prépa Scientifique 2021-2022 : le thème de français au programme

Des perspectives et registres différents seront observés afin de permettre aux étudiants de Prépa Scientifique de l’année 2021-2022 de réfléchir au thème de «l’enfance» entre réalisme et merveilleux, traité d’éducation, contes et autobiographie, du Danemark au Nigéria, de l’itinérance à l’ancrage, de la censure à la reconnaissance nationale. Chemins faisant, ces auteurs et leurs écrits vont mener chacun des étudiants en leur for intérieur.

Les œuvres de français et philosophie pour la prépa 2021-2022

Pour étudier le thème de «l’enfance», les préparationnaires scientifiques analyseront les trois ouvrages suivants : 

  • Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l’éducation (livre 1 et 2), 1762.
  • Hans Christian Andersen, Contes, traduction par Marc Auchet (Livre de Poche classique n°16113), 1835.
  • Wole Soyinka, Aké les années d’enfance (réédition attendue aux éditions Belfond), 1984.

Comment définir l’enfance ?

Au commencement… dans son Dictionnaire historique de la langue française, Alain Rey indique que le mot «enfance» est emprunté au dérivé latin infantia «le bas âge» et par extension «les enfants», «la jeunesse». Le Littré précise que l’enfance s’étend depuis la naissance jusque vers la septième année, et, dans le langage général, un peu au-delà jusqu’à treize ou quatorze ans. 

On voit alors poindre l’idée d’une période de la vie où l’enfant est tout d’abord l’infans, littéralement, «celui qui ne parle pas» ; il n’a pas l’usage de la parole mais lui donne-t-on vraiment ? Il est muet. Jusqu’au 17e siècle, l’histoire de l’enfance est même souvent définie comme «une histoire sans parole» (en annotation bas de page : Bruno Le Capitaine et Annick Karpowicz «Histoire d’enfance : les enfants de la naissance à 7 ans») et les enfants sont les derniers venus dans l’historiographie française. Jusqu’au 18e, l’enfance est considérée par les adultes comme une transition à dépasser au plus vite pour intégrer les activités laborieuses. L’enfant imite et l’éducation relève de la famille.

Par la suite, l’adulte porte sur l’enfant un regard nouveau. En dehors de la sphère privée : c’est l’industrialisation, le travail des femmes, l’évolution de la société. Une institution collective catholique naît en France : la première crèche est ouverte à Chaillot en 1844 pour les enfants des milieux ouvriers, pour les protéger des influences de la rue. Leur garantir une santé et un bon développement mais aussi les éduquer, parfois le «façonner» pour devenir un bon ouvrier. L’influence de l’adulte s’exerce alors ? Comment ? Jusqu’à quel point ? Certains effets peuvent être dévastateurs sur la jeunesse. L’insouciance côtoie la souffrance. Comment donner la parole à l’enfant ? Ce dernier dispose aujourd’hui d’une démocratisation de l’enseignement, de droits.
La prise en compte de l’être à part entière touche tous les domaines. Mais pas forcément dans toutes les sociétés.

À la lumière de ces aspects sociologiques, éducatifs, psychologiques et philosophiques, les écrits de nos auteurs sont la traduction de leurs observations de la société, leur pays, le monde de la rue, de l’extérieur à l’intime. Leur regard de jeunes enfants devenus écrivains est lisible et questionne les étudiants sur leur part d’enfance, celle qui reste en chacun de nous et nous façonne à son tour. Elle participe à notre identité, construit, reconstruit parfois ce que nous sommes devenus, des adultes ; et pour nos préparationnaires, de jeunes adultes au sortir de l’enfance et de l’adolescence. 

Présentation de l’œuvre Émile ou de l’Éducation de Rousseau, Livres 1 et 2

Quelques mots sur l’auteur

Né dans une famille de modestes protestants genevois, la mère de Rousseau meurt neuf jours après la venue au monde du philosophe. Dix ans plus tard, son père quitte le pays. L’enfant est placé en pension. Suivent apprentissages et maltraitance. Il fuit. Son errance l’amène à rencontrer aristocrates et encyclopédistes mais autodidacte, Rousseau préfère rester fidèle à ses lectures et convictions d’homme de simple condition.
Il écrit des discours et un roman épistolaire à succès. A contrario, écrits et publiés conjointement, Le Contrat social et Emile ou de l’Education sont condamnées. Rousseau s’exile et se défend dans ses Confessions, poursuit son chemin et rédige alors ses Rêveries sur la fin de sa vie.

Synopsis de l’œuvre

L’Emile est un traité d’éducation portant sur «l’art de former les hommes».  Les livres étudiés sont sur «L’Enfant avant la parole, sans conscience de soi» (I) et «de 2 à 7 ans environ, développement de la raison sensitive» (II). Rousseau est un précurseur. Auteur à paradoxes, il tâche de faire entendre que l’éducation traditionnelle est à revoir.

Analyse de Chantal, notre professeure certifiée en Lettres modernes

En 1761, les Contrat social et l’Emile marquent pour Rousseau le temps de la réflexion, de l’écriture et de la publication liant le politique et l’éducatif. Au préalable, son roman Julie ou la Nouvelle Héloïse portait ces mots : «L’enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres ; rien n’est moins sensé que d’y vouloir substituer les nôtres». Les années qui précèdent sont à la fois réconciliation et rupture : il reprend le titre de citoyen genevois, rompt avec le catholicisme, les encyclopédistes et ses amis, redevient simple copiste. En suspens : Comment vivre en société et conserver le plus profond de son état de nature ? Il nous amène à penser qu’un enfant est un être complet, empli de spécificités. Ne pas l’influencer, lui permettre de conserver son moi profond. Les préparationnaires réfléchissent à ces questions philosophiques et anthropologiques.

Présentation de l’œuvre des Contes d’Anderson  

Quelques mots sur l’auteur

Andersen nait le 2 Avril 1805 dans une famille pauvre. Son père meurt quand il a 11 ans. Jeune adolescent, il part seul chercher fortune à Copenhague. Il commence à publier des récits de voyages dont le style est remarqué, alliant simplicité, poésie et réalisme, humour, magie et tragédie. Ses Contes marquent sa reconnaissance.
Depuis son enfance, Andersen est critiqué et se sent maudit. Malgré tout, il connut un grand succès de son vivant dans les différents pays qu’il traverse dont l’Allemagne et le Danemark ; il est même honoré par leurs rois. Le rêve et la réalité se mêlent dans sa vie et ses récits.

Synopsis de l’œuvre

Les Contes sont un recueil dont l’inspiration lui vient de son enfance : des contes populaires racontés par de vielles dames ; de l’observation du quotidien, des progrès scientifiques et de ses voyages. Il crée alors des contes restés célèbres mais aussi d’autres moins connus qui dévoilent d’autres parts de l’intime d’Andersen, ses conceptions philosophiques et sociales, son enthousiasme pour la modernité mais ses inquiétudes aussi.

Analyse de Chantal, notre professeure certifiée en Lettres modernes

Au moment de leur publication en 1835, le monde littéraire danois ne reconnait pas la tradition dans les Contes d’Andersen. Loin d’être seulement des contes pour les enfants, il vient de créer un genre nouveau par sa simplicité langagière, ses expressions populaires et poétiques, entre drôlerie et tristesse. Leur lecture bouleverse les repères : neige et fêtes mêlent magie et tragédie ; le vent est enseignement ; la machine est poésie. Les émotions des lecteurs ressortent et sont l’occasion de réfléchir à la considération de chacun, aux impacts. Les drames humains des enfants vont inspirer les jeunes adultes et suggérer l’empathie dans nos sociétés modernes souvent considérées comme individualistes et consommatrices. 

Présentation de l’œuvre Ake, Les années d’enfance de Wole Soyinka 

Quelques mots sur l’auteur

Wole Soyinka né au Nigéria en 1934 est romancier, poète, dramaturge, essayiste  littéraire et politique. Ces deux univers sont indissociables pour l’auteur qui combat le colonialisme. Il parcourt le monde et met en scène ses pièces, enseigne. Il mêle les mythes africains à l’art occidental. Ecrivain prolifique et éclectique, satire et poésie se retrouvent dans ses recueils de poésies ou romans. Emprisonné, il est condamné à mort par le dictateur nigérian et s’exile. En 1986, Wole Soyinka est le premier écrivain africain lauréat du Prix Nobel de Littérature. En 2010, il lance son propre parti.

Synopsis de l’œuvre

Aké est le nom du village au Nigéria où Wole grandit entouré des siens. Dans cette autobiographie, premier tome de ses mémoires, il  raconte les souvenirs de ses dix premières années entre un père directeur d’école, une mère très chrétienne, ses frères et sœurs. Son regard de jeune garçon avide de lectures et vif perçoit l’Afrique de ce temps-là, sur fond de colonisation, et dresse des portraits singuliers.

Analyse de Chantal, notre professeure certifiée en Lettres modernes

Wole Soyinka utilise un style simple, familier pour transposer sa vision du monde. Comment préserver la fraicheur de l’enfance et la restituer à l’âge adulte ? Son regard aiguisé et intrépide, son verbe, restituent des émotions du passé. Il aime à dire «recréer son univers avec ses yeux d’enfant». Il conserve sa vivacité. Le récit de la réalité de son univers et de son imaginaire fécond retrace son enfance entre insouciance et espièglerie, tradition africaine, mythes sacrés et mission catholique, monde des morts et des vivants, joies et peines. Son choix du genre autobiographique, moins usité par Wole Soyinka, lui permet de témoigner de ce qu’il observe et ressent de cette période. Son humanisme reconnu de ses pairs est son moi profond, en lien avec une enfance simple. Ce qu’il est devenu est le prolongement de ce qu’il était. Une revendication de ce qu’il a su percevoir et conserver de son enfance.

La Prépa Scientifique demande de la rigueur et de l’entraînement. Aussi, Cours Thalès prend soin de proposer une formations dispensées par des enseignants spécialistes de l’enseignement en Prépa. 

 

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