Parcoursup, Paris Descartes joue la transparence

C’est dans un climat particulièrement tendu qu’est intervenu le 11 avril Frédéric Dardel, président de l’université Paris Descartes, lors d’une conférence de presse destinée à éclaircir sa position concernant l’utilisation de la toute nouvelle plateforme d’orientation vers les études supérieures. Parcoursup est en effet au cœur de la réforme d’accès à l’université adoptée par le Sénat le 8 février, celle-là même qui est à l’origine de la grogne étudiante de ce printemps 2018.

Nombre de candidats en baisse et nombre de places disponibles en hausse

Avec la création de 175 places supplémentaires pour la rentrée 2018 dans les filières les plus demandées, et un nombre de candidatures bien inférieur à l’an dernier (67 334 vœux en 2018 contre 86 964 en 2017), l’équation semblait facile à résoudre pour celle dont le nom officiel est Paris V. Et pourtant c’est lorsque l’on regarde dans le détail que l’on découvre que certaines formations vont avoir beaucoup de mal à satisfaire tout le monde. C’est en particulier le cas de la licence STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) qui reçoit à elle seule plus de 5.000 demandes quand elle n’a que 340 places à proposer, et de la Première Année Commune aux Études de Santé, la fameuse PACES, qui cumule 13 000 vœux pour 1 450 places.

Les filières sous tension

L’université Paris-Descartes fait partie de ces établissements qui doivent donc gérer plusieurs filières dites sous-tension, c’est-à-dire avec un volume de candidatures bien supérieur au nombre de places disponibles. Frédérique Vidal a donc particulièrement insisté sur sa volonté de totale transparence concernant les méthodes employées pour classer les 67 000 dossiers de candidature qui sont parvenus à l’université Paris Descartes via parcoursup.fr. Elle souhaite ainsi mettre fin aux rumeurs les plus folles et apaiser le débat à quelques semaines de la date fatidique. C’est en effet le 22 mai que les inscrits sur Parcoursup recevront les premières réponses des établissements qu’ils ont sollicités.

Quelle stratégie pour le tri des candidatures ?

Frédéric Dardel a parlé d’une « approche adaptative » en laissant à chaque licence une entière liberté pour gérer sa procédure d’admission. Si certaines vont tout simplement se servir de l’outil d’aide à la décision développé par des équipes du ministère de l’Enseignement Supérieur, les responsables de la filière droit ou PACES vont avoir recours à leur propre outil qui leur permettra de tenir compte du lycée d’origine de chaque candidat.

Le module d’aide à la décision du ministère

Maths-info, STAPS et psychologie sont trois départements qui utiliseront l’outil « officiel » pour procéder au classement des étudiants et formuler leurs réponses. Si le président Macron a promis que soient rendus publics les algorithmes utilisés par l’Etat, on n’en sait encore extrêmement peu sur la logique appliquée par cet outil.

Des outils spécifiques

Frédéric Dardel a clairement expliqué que des filières avaient fait le choix de bâtir leur propre outil basé sur l’utilisation de tableurs Excel afin de gérer les critères de sélection avec une plus grande souplesse. C’est l’un des points qui créent la discorde, les détracteurs de la réforme y voient tout simplement une liberté offerte aux universités pour procéder à une sélection objective de leurs futurs étudiants.

Le cas particulier des sciences du langage et des sciences sociales

Ces départements ont purement et simplement refusé de procéder à un tri, mais d’après le président de Paris V, qui entend respecter la volonté de chacun, cela « n’est pas grave, car il y a assez de place pour tout le monde dans ces filières ».

L’overbooking, une nouveauté dans la procédure Parcoursup

Puisqu’ils ne sont plus tenus de hiérarchiser leurs vœux, les candidats pourront cette année cumuler plusieurs réponses positives avant de formuler un choix définitif. Comment prévoir les désistements et s’assurer que l’on aura suffisamment d’étudiants pour remplir ses classes ? Tout simplement en adoptant la logique du surbooking qui consiste à formuler plus de réponses positives qu’il n’y a réellement de places, et en espérant avoir vu juste. Affaire à suivre dès le 22 mai…

À lire notre dossier « Après le tirage au sort de l’APB, l’overbooking de Parcoursup ? »

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