Les Mathématiques n’ont pas la préférence des filles au lycée

Seconde

La réforme du Bac et l’instauration des enseignements de spécialité a sonné le glas des Mathématiques qui séduisent de moins en moins les lycéens. Des chiffres inquiétants qui alarment les scientifiques, les professionnels et les acteurs du monde des études supérieures.

Des chiffres décevants

La réforme du Baccalauréat général tendait à remplacer les filières par des spécialités, donnant le choix aux élèves de trois spécialités en Première puis deux en Terminale. La filière scientifique étant devenue la spécialité Mathématiques, il se trouve que le résultat de cette réforme n’a pas eu l’effet escompté pour cette spécialité où le taux de filles a fortement chuté en Terminale ; si cette matière peut être sélectionnée dans la triade de choix lors de la classe de Première, elle se retrouve souvent à devenir celle qui est abandonnée l’année suivante.

Un découragement de la part des filles 

Depuis 1995, un objectif pédagogique était mis en place au sein de l’Éducation Nationale : tenter l’égalité du pourcentage de filles et de garçons inscrits en filière scientifique. Un grand écart était constaté entre eux, à raison de 21,3 % de filles contre 33,9 % de garçons. Après des efforts étalés sur vingt années, un équilibre presque miraculeux s’était mis en place puisque le taux de filles était remonté à 48,4 % avant la réforme de 2019. Le travail avait porté ses fruits et il était prouvé que l’intérêt des Mathématiques était aussi bien présent chez les filles que chez les garçons. L’absence de la gente féminine était en réalité due à une trop grande exigence d’elles-mêmes qui leur provoquait un découragement face à cette discipline à la réputation difficile. Depuis la nouvelle réforme, le pourcentage de lycéennes pratiquant les Mathématiques intensives en Terminale a chuté, passant à 38,6 % en 2021. Cela crée un impact inévitable sur les études supérieures et sur le marché du travail ; les études scientifiques offrant un salaire largement supérieur aux études littéraires qui sont bien plus fréquentées par les filles, de grandes inégalités économiques sont à prévoir.

Fuite des filles comme des garçons

Les filles ne sont néanmoins pas les seules concernées dans la fuite de la spécialité Mathématiques puisque le pourcentage de garçons a également baissé. Ayant un nombre de choix plus retreint, cette spécialité ne s’avère presque jamais être la priorité lors de l’arrivée en Terminale. Les Mathématiques sont désertés par près de 40 % des lycéens l’année du Baccalauréat, ce qui représente un chiffre énorme pour l’avenir de cette discipline en perte d’intérêt.

Une réforme mal préparée

Cette baisse des chiffres serait due à une absence de préparation de la part du corps enseignant, la matière manquant d’horaires étendues et présentant divers désavantages en termes d’organisation. L’idée, pourtant très soutenue et défendue à l’origine, notamment par des mathématiciens, s’est finalement mal instaurée. Cette réforme visait, entre autres, à continuer vers la progression d’une valorisation de cette discipline, espérant une égalité parfaite entre les filles et les garçons, dont l’échec n’avait été prévu par personne. En comparaison internationale, la France présente une lacune notable vis-à-vis des Mathématiques, d’autant plus depuis cette baisse de chiffres. La prévision d’une chute libre est largement envisageable, en sachant que cette déclivité peut s’effectuer sur quelques mois et mettre des années à se rehausser.

Pour pallier ce déficit, les Mathématiques obligatoires feront leur retour dans le tronc commun des lycéens à partir de la rentrée 2022. Aussi, travailler cette discipline et œuvrer pour acquérir une rigueur scientifique sera un atout notable pour intégrer la formation supérieure de son choix.

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