PACES One : vers la fin du redoublement en première année de médecine

Le monde de l’éducation s’apprête à vivre des changements importants. En effet, on devrait rapidement connaître les contours exacts de la réforme du lycée et du baccalauréat qui s’appliquera en 2021. Mais l’actualité immédiate nous amène sur un autre bouleversement pour les jeunes désireux de s’orienter vers des études de médecine. Le dispositif PACES One est sur le point de modifier en profondeur le processus de sélection des étudiants en première année commune d’études de santé (PACES). Présenté aux doyens des universités de médecine par la Conférence des doyens de santé d’Île-de-France en novembre 2017, il sera expérimenté dès septembre 2018 par plusieurs universités en Ile-de-France.

Ce qui va changer avec PACES One

A l’origine de cette réforme, un constat simple basé sur les chiffres de réussite en PACES. Il faut en effet savoir que le taux d’étudiants parvenant à intégrer la deuxième année de médecine après une ou deux années de PACES ne dépasse pas 40 % malgré un nombre de places au concours en augmentation régulière (de 5.100 places en 2003 à 8.124 en 2017).
Comment y remédier ? La Conférence des doyens de médecine préconise de mettre en place une PACES limitée à un an et sanctionnée par un concours écrit, qui fournirait la majeure partie du contingent des futurs élèves de médecine, et un oral de repêchage. Cela implique donc de supprimer le redoublement et de le remplacer par des voies d’accès alternatives, notamment l’Alter PACES.

L’Alter PACES

Le concours de la PACES n’est pas la seule porte d’entrée possible vers des études de médecine. Le dispositif Alter PACES permet en effet à des étudiants ayant validé une licence de faire acte de candidature. Mais il est pour l’instant expérimental et ne s’adresse qu’à des étudiants en semestre 2 de L2 ou L3 dans l’une des universités suivantes : Paris 13, Paris Descartes ou Paris Diderot. Sont exclus les étudiants ayant déjà tenté deux fois leur chance à la Première Année Commune d’Études de Santé. Les candidats doivent préparer un dossier qui comprend notamment une lettre de recommandation de leur responsable de licence. Ils seront amenés à suivre des UE complémentaires par correspondance et leur admission en deuxième année de médecine sera soumise à validation d’un jury d’universitaires après entretien. L’Alter PACES devrait se généraliser avec la mise en application de PACES 1 afin de diversifier le profil des admis en médecine.

Des questions en suspens

Différents doyens d’université ont préféré ne rien changer cette année. Certains évoquent pour principale raison la logistique complexe à mettre en œuvre sur un court laps de temps et ils préfèrent attendre l’année prochaine. La loi Fioraso de juillet 2013 prévoit en effet qu’en 2019 les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur doivent présenter conjointement aux députés un projet d’intégration dans le droit commun des expérimentations jugées efficaces dans la filière santé, parmi lesquelles figurent Alter PACES, et PACES One.
L’autre raison évoquée c’est le manque de clarté vis-à-vis des étudiants. On peut effectivement anticiper un phénomène d’inégalité durant l’année de transition puisque les primants et les doublants n’auront pas les mêmes opportunités. L’autre point qui soulève des interrogations, c’est la position des lycéens qui se retrouveront confrontés à un choix délicat entre l’ancien et le nouveau dispositif.
Pour connaître le contour définitif de la réforme de l’accès aux études de médecine, il faudra attendre l’intervention des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé qui évalueront la pertinence des expérimentations en cours en 2019.

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