Le plan Sciences Po

L’art de la dissertation est un art bien français qui consiste à argumenter de manière parfaitement structurée et didactique sur un sujet donné en répondant à une problématique. Pour rentrer à Sciences Po, les épreuves écrites des concours se calquent bien souvent sur cette méthode. Même si elle est enseignée au lycée, le niveau attendu est plus important à Sciences Po. Revenons donc aux fondamentaux !

Avant tout, il faut savoir analyser le sujet de l’épreuve qui est demandé. Lorsque vous êtes en épreuve de composition d’histoire (Sciences Po Paris, Concours Commun des IEP de Province), de questions contemporaines ou d’actualité (Concours Commun des IEP de Province, Concours Sciences Po Bordeaux, Concours Sciences Po Grenoble), il vous est demandé de répondre par une structure argumentée qui respecte plusieurs codes purement formels mais qui ont toute leur importance pour la réussite de l’épreuve.

La structure est assez simple, elle prend souvent l’image d’un entonnoir :

  • Une introduction qui pose le cadre du sujet et montre que ses enjeux sont compris
  • Un développement composé de deux ou trois parties selon l’articulation des idées et la matière proposée
  • Une conclusion qui fait le bilan, répond clairement à la problématique et peut ouvrir sur un nouveau thème

Le travail préparatoire au brouillon

Travailler au brouillon est essentiel avant de se lancer dans la rédaction d’une dissertation. Il ne s’agit pas de rédiger un paragraphe argumentatif mais bien d’élaborer une structure de la pensée très précise pour répondre au sujet.
Au brouillon, il faut donc commencer par « brainstormer » en analysant rapidement le sujet. Cette étape est cruciale pour ne pas tomber dans le hors-sujet. Le choix des mots, des dates, des lieux, des connexions entre les mots-clefs n’est jamais dû au hasard ! Prenez donc le temps de bien comprendre et cerner le sujet :

  • Identifiez les mots-clefs et définissez-les.
  • Cernez les principaux enjeux du sujet.
  • Définissez un cadre spatio-temporel.

Une fois cette première étape qui doit se faire rapidement, tentez de mobiliser toutes vos connaissances en lien avec le sujet. Elles vous seront déterminantes pour élaborer votre problématique, votre plan détaillé et votre réponse argumentée. Une fois que toutes ces connaissances sont sur la table, il ne reste plus qu’à les organiser, elles formeront le plan ; et la problématisation correspondra à la réponse argumentée de ce plan.

Que doit contenir l’introduction ?

L’introduction constitue l’élément le plus important d’une dissertation. Une introduction ratée et c’est tout le devoir qui peut être bancal. Il faut donc lui apporter un soin tout particulier en la rédigeant au brouillon. Elle comporte trois éléments à ne pas oublier : une accroche qui introduit le sujet et invite le correcteur à vous lire car vous n’êtes qu’une copie parmi des dizaines voire des centaines d’autres, une problématique précise et intéressante apte à retenir l’attention le lecteur et l’annonce d’un plan structuré. Souvenez vous que vous n’avez qu’une seule chance de faire une bonne première impression !

L’accroche peut prendre différentes formes comme une citation, un événement important, une pensée théorique, une définition. Elle doit mettre en haleine et entrer directement dans la matière. Elle permet notamment de contextualiser le sujet en se demandant pourquoi est-ce que c’est un sujet actuel. Elle est généralement suivie de définitions des mots-clefs du sujet, du cadre spatio-temporel et de l’ensemble des enjeux directement liés au sujet.

La problématique, c’est la question qui rend votre sujet intéressant. Il est très important de problématiser un sujet, c’est-à-dire de développer un angle d’attaque qui permet de structurer votre argumentation. Il ne s’agit pas uniquement de reformuler le sujet sous forme de question mais bel et bien d’exprimer une thèse centrale que vous allez défendre tout au long du développement.

Enfin, pour répondre à cette problématique, il vous faut exprimer votre méthode, c’est-à-dire annoncer votre plan. L’esprit est simple et permet au correcteur de comprendre votre méthode d’argumentation. Dans un premier temps, nous étudierons… puis nous analyserons… et enfin nous nous attarderons… évitez tout verbe oral comme «parler» puisque la dissertation est par essence un art écrit. De même que la première personne du singulier «je» n’a pas sa place en dissertation.

Comment peut-on élaborer un plan en Sciences Po ? 

Le plan peut s’articuler en deux ou trois parties qui comprennent chacune deux ou trois sous-parties. Ce qui est important, c’est que les parties forment de grandes idées de réponse à la problématique et que les sous-parties argumentent en détails la partie à laquelle elle se réfère. Quel que soit le plan retenu, le but est qu’il soit progressif et didactique afin de lui conférer toute sa portée argumentative.

Il existe naturellement autant de plans qu’il existe de candidats à l’épreuve ! Plusieurs méthodes de plan sont efficaces. Si la matière historique privilégie souvent un plan en trois parties, le «plan à la Sciences Po» est souvent en «deux parties, deux sous-parties». Les plans dialectiques (thèse, antithèse, synthèse) ou chronologiques sont à éviter car ne traduisent pas suffisamment la nuance, ils peuvent néanmoins servir de «roue de secours» en cas de «panne sèche». Les parties doivent refléter une part de réponse à la problématique soulevée et ne pas nécessairement s’opposer entre elles. Les plans analytiques ou bien thématiques répondent souvent à l’objectif de progressivité de l’analyse et au caractère didactique inhérent à toute dissertation et réponse argumentée.

C’est quoi une « bonne » problématique en Sciences Po ?

Une bonne problématique est une question intéressante qui pose tout l’intérêt du sujet donné. Elle annonce généralement la thèse que le candidat va défendre tout au long de son développement. Une bonne problématique doit mettre en relation tous les enjeux du sujet, il ne s’agit donc certainement pas de reformuler le sujet sous forme de question, mais bien de pousser un travail d’analyse sur la pertinence des mots du sujet. La problématique donne ainsi une mise en perspective, démontre que le candidat a su identifier une dichotomie ou bien les tensions qui s’orientent autour de plusieurs idées directement liées au sujet.

L’élaboration de la problématique, c’est l’étape la plus importante de l’introduction. A sa lecture, le correcteur doit immédiatement percevoir si le candidat a correctement compris le sujet. Pour aider à la formulation, on peut généralement la commencer par «En quoi» ou «Dans quelle mesure».

En quoi consiste le développement ?

Le cœur de la rédaction du devoir, c’est le développement. Le candidat doit bien veiller à garder un aspect formel sur la rédaction du devoir de manière à permettre au correcteur de clairement identifier son argumentation et ses parties. Ainsi, chaque partie comporte un petit chapeau introductif annonçant le titre des sous-parties. Chacune, sauf bien évidemment la dernière, se termine également par une transition qui fait le lien avec la partie suivante. Enfin, le candidat peut faire débuter les sous-parties par des alinéas et sauter plusieurs lignes entre chacune des sous-parties. L’ensemble doit garder un aspect visuel cohérent afin de permettre au lecteur de se retrouver dans la progression de votre analyse.

Outre ces aspects, formels, il est important d’avoir des parties équilibrées qui soignent la rigueur argumentative du développement. On ne peut avoir une sous-partie qui fait le double de lignes d’une deuxième. Ainsi, il faut bien identifier au préalable l’ensemble des arguments qui figurent dans chacune des sous-parties tout en évitant d’être trop ambitieux. Il ne s’agit pas d’un exercice de bachotage de connaissance et de «recrachage» de cours, mais bien d’analyse. Il faut sélectionner l’information la plus pertinente pour votre argumentation, cela vous permettra notamment de garder la maitrise du temps.

Enfin, il est nécessaire de mettre un point d’honneur à ce que chacun des éléments du développement soit une partie de la réponse à la problématique. Le sujet et votre problématique doivent demeurer en tête tout au long de la rédaction afin d’éviter tout hors-sujet. Cette rédaction doit être souple et ne pas nécessairement comporter des phrases trop longues et difficiles à décrypter. Une belle rédaction, c’est un rythme efficace, agréable à lire et bien sûre sans fautes d’orthographe !

Conclure le devoir, c’est essentiel !

Tout à la fin de votre devoir, une conclusion met un point final à la dissertation, pensez donc à réserver une dizaine de minutes à sa rédaction. Conclure, ce n’est pas faire un résumé succinct des différentes parties, conclure, c’est répondre clairement et précisément à la problématique formulée dans l’introduction. La conclusion n’apporte donc pas d’éléments nouveaux, la conclusion établit un bilan et laisse le sujet comme clos sans y ajouter de paramètres en suspens.

Si le candidat s’y sent aise, une ouverture peut clore la conclusion. Elle «ouvre» le sujet vers un nouvel horizon mais n’apporte pas de nouvelles composantes au sujet. Il est donc parfois préférable de ne pas faire d’ouverture plutôt que de faire une «mauvaise ouverture» qui laisserait nécessairement le correcteur sur sa fin et laisser une impression de devoir bancal, sans cohérence.

Prévoyez également un temps de relecture et vous pouvez enfin rendre votre copie !

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