Méthodologie et conseils pour réussir sa première année de médecine

Il n’y a pas de solution ou de recette miracle pour réussir son première année de médecine tout en la vivant «bien», sinon elle serait connue de tous depuis longtemps. Il y a autant d’astuces et de méthodes de travail différentes que d’étudiants qui ont réussi. Toutefois, certains conseils sont bons à suivre afin de mettre toutes les chances de son côté. Aude, en 3e année de Pharma, vous livre toutes ses astuces pour réussir la première année de médecine. 

La régularité toute l’année ! 

Un des b.a.-ba de la réussite lors d’une année de concours est la régularité. Même si cette affirmation paraît évidente, il n’est pas toujours facile de la mettre en place et de la tenir de façon rigoureuse et régulière sous la pression. Ainsi, il est judicieux d’instaurer des réflexes, des rituels et des habitudes dès le début de l’année, afin de nous imposer un rythme qui nous est propre. Rien ne sert d’être régler à la minute près, mais avoir un horaire de lever, de coucher, de déjeuner, de dîner, de temps de travail… réguliers, permet d’être efficace durant toute l’année. Cependant pour trouver son rythme idéal, le mieux est encore de se connaître et de trouver ce qui nous convient : il est inutile de vouloir copier le rythme et les habitudes d’un autre s’il ne nous correspond pas. Essayez alors de vous poser les bonnes questions : êtes-vous du matin ? Du soir ? Préférez-vous vous lever tôt et vous coucher tôt, ou vous lever tard et vous coucher tard ? Avez-vous besoin de faire une sieste ? De prendre un petit déjeuner à heure fixe ? etc.

Tenir le rythme (alimentation, sport et sommeil) 

Au-delà d’adopter un rythme régulier, une bonne hygiène de vie est à privilégier. Si des camarades grignotent sur leur temps de sommeil, de pause déjeuner, ou suppriment leur activité extra-scolaire (sport, musique, théâtre…) pour se consacrer pleinement à leurs révisions, ce rythme de vie n’est pas tenable sur le long terme, et est souvent déficitaire pour l’apprentissage. Ainsi, il est primordial de respecter le temps de sommeil dont chacun a besoin, même si celui-ci est de 9h/nuit : lorsqu’on manque de repos, il est difficile de mobiliser ses fonctions cognitives pour travailler et apprendre efficacement. De même au sujet de l’alimentation : même si nous faisons tous des (nombreux) écarts et nous autorisons des «plaisirs coupables» pendant cette année stressante, manger de manière équilibrée participe à mettre en place un bon environnement et de bonnes conditions de travail. On est tous plus efficace après une salade qu’après une raclette, non ?
Enfin le sport et les activités extra-scolaires permettent de s’évader, de se défouler et de se ressourcer durant cette année prenante, où nous ne pensons qu’à ce concours. Même si on ne peut pas s’accorder 15h de sport par semaine, conserver une activité participe à l’équilibre de chacun, et donc à l’apprentissage et à la mobilisation des forces, aussi pour le travail.

PAUSES EFFICACES = TRAVAIL EFFICACE

Au cours d’une journée de travail, que ce soit de cours, de prépa, de révisions ou de concours blancs, nous nous accordons tous des pauses : pause-déjeuner, pause-café, pause-pipi… Nous avons besoin de ces pauses pour respirer, prendre l’air et mieux repartir au travail. Toutefois toutes les pauses ne se valent pas : pour qu’une pause soit vraiment rentable et nous remettent dans de bonnes conditions pour se concentrer, il faut qu’elle soit «efficace».

Comment prendre une pause efficace ?

C’est une pause qui permet de vraiment recharger les batteries. Les exemples typiques sont les pauses «YouTube» ou les pauses «téléphone» : on pense y passer 10min et on se retrouve régulièrement 45 minutes plus tard dans le même état d’esprit, comme si nous n’avions pas fait de pause. Aussi, pour rentabiliser ses pauses il vaut mieux sortir, marcher – même si c’est pour faire seulement un tour de «pâté de maison» -, discuter avec un ami ou un camarade de travail, faire un petit footing, lire un chapitre de roman… A chacun de trouver quel type de pause lui correspond, et comment faire de ces 20 minutes biquotidiennes un moment à soi, pour mieux repartir travailler. Il en va de même pour les pauses déjeuner : manger en 30min au-dessus de ses polycopiés est rarement rentable, et il est préférable de s’accorder un vrai temps de pause (1h – 1h30 selon chacun) pour manger.
Le but ultime est à chaque fois d’être le plus efficace possible. Ainsi, il en va de même pour le temps de travail. Chacun à ses préférences et un temps de concentration qui lui est propre. Cependant, ça ne sert à rien de rester 14h/jour à la bibliothèque, en faire l’ouverture et la fermeture si ce n’est pas pour travailler efficacement : mieux vaut travailler 8h à 95% que 14h à 50%. Le nerf de la guerre en première année de médecine, c’est le temps, alors mieux vaut le rentabiliser avec efficacité. Ce n’est pas le nombre d’heures qui compte, mais ce qu’on a réussi à produire pendant ce temps-ci.

Comment s’organiser ? 

Comme sous-entendu tout au long de cet article, chacun à ses spécificités, et ce qui fonctionne pour les uns ne fonctionne pas toujours pour les autres. Aussi est-il important de trouver votre propre organisation qui vous permet de savoir où vous en êtes à tout moment :

  •      Savoir où travailler ?
  •      Quand travailler
  •      Avec qui travailler ?

Vous pouvez vous faire un planning à la journée, à la semaine, au mois… mais aussi une liste de toutes les matières, des chapitres vus, non vus, revus, des annales faites, corrigées…
Une chose que j’ai apprise au cours de cette année de concours est la valeur de cette organisation dans une journée : je savais que j’étais plus sujette à être efficace avec les matières à «par cœur» le matin, et celles à réflexion l’après-midi, mais quelles que soient les matières que je travaillais, je commençais et terminais toujours mes journées par quelque chose que j’aimais, ou du moins que je ne détestais pas. Commencer par une matière ou un chapitre qu’on exècre ne nous met pas en bonnes conditions pour le reste de la journée, alors qu’un sujet qui nous plaît et qu’on maîtrise plus facilement nous met en confiance. Quoi qu’il en soit, à chacun de trouver son organisation pour être prêt le jour J.

Accepter ses crises de nerfs 

C’est le plus gros mythe qui gravite autour de cette année : sa difficulté. On peut penser que ceux qui réussissent font preuve d’abnégation sans jamais faiblir ni faillir, mais c’est loin d’être le cas. Certains vivent très bien cette année de concours aimant la compétition et les challenges, d’autres beaucoup plus mal et sont plus en proie aux doutes. Quels que soient les profils, il y a toujours DES moments où les nerfs sont à vifs, où l’envie de tout plaquer est forte, où on a l’impression qu’on ne va jamais y arriver, que les autres sont meilleurs que nous, que c’est trop difficile, qu’on ne peut pas tout apprendre… Les crises de nerfs et de pleurs sont présentes chez TOUS les étudiants ! Ce n’est pas grave. Vouloir tout arrêter ou penser ne pas y arriver est commun, mais ce qui est primordial est de réussir à se ressaisir et de recommencer à travailler de plus belle. Il y a des hauts et des bas pour tout le monde, mais on apprend à passer outre et à se relever jusqu’à valider ce concours, sans se laisser paralyser pour le reste de l’année. Alors oui il y aura des jours avec et des jours sans : la pression est forte et l’enjeux est grand, mais trouvez ce pour quoi vous vous battez, pourquoi vous travaillez, quel est le but de cette année, parlez avec votre maman/copain/copine/chat/qui vous voulez, mais quoi qu’il arrive restez motivé et rassurez-vous, de nombreux praticiens en médecine sont passés par là.

Appréhender la rentrée et ses pré-requis 

Avant même la rentrée en première année de médecine beaucoup d’étudiants s’y préparent déjà par le biais de Cours Thalès. Quel que soit votre profil, le meilleur conseil que je puisse donner est travailler durant les stages d’été organisés puis de profiter à de vos vacances. Rien ne sert de se tuer à la tâche avant qu’il ne soit temps, le risque est de s’épuiser et de ne pas tenir sur la durée jusqu’au concours. Toutefois si vous souhaitez vraiment travailler pour prendre de l’avance pendant vos vacances, libre à vous, mais ne vous dégoutez pas avant l’heure.
Les pré-rentrées proposées par le tutorat ou par les prépas sont de très bonnes qualités et permettent de se mettre en conditions avant que les cours de la fac ne commencent. Elles permettent de trouver son rythme et son organisation, tout en se confrontant au niveau d’exigence demandé par les professeurs. 
Cependant, un aspect à ne pas négliger lors de cette rentrée est de ne pas perdre temps, et de se mettre au travail dès le début. Si on tarde à trouver son rythme et son organisation, on risque de prendre du retard et de vite se retrouver submergé. Le retard n’est pas une fatalité, mais encore une fois, le but est de rentabiliser son temps et son efficacité au maximum, et ce dès la rentrée.
Enfin rassurez-vous, aucun pré-requis n’est nécessaire pour réussir ce concours, ni aucune compétence intellectuelle particulière : pas besoin d’être très intelligent, juste de travailler et d’apprendre comme demandé.

C’est le jour J !

Rien ne sert d’être prêt avant le jour J, mais lorsque celui-ci arrive il est temps de tout donner. C’est le jour J ! Tous les enjeux se cristallisent et le stress domine. Il est important de ne pas se laisser paralyser par ce stress et de mobiliser les connaissances apprises tout au long de l’année. Encore une fois, votre méthode est propre à vous, mais rassurez-vous toutes les personnes autour de vous sont dans le même état. Trouvez ce qui vous détends, que ce soit la veille ou le jour J, mais n’oubliez pas de bien manger, et bien dormir pour être au top. Pour la question des médicaments vous entendrez de nombreux sons de cloches : certains prennent des anxiolytiques ou des bêtas-bloquants (à déconseiller car risque de mal les supporter, de somnolences…), d’autres des vitamines… À ce sujet, les conseils que j’ai suivis pour les journées de concours sont : avoir dans son sac du paracétamol en cas de mal de crâne, du Smecta ou de l’Immodium en cas de problème de ventre (le stress peut jouer des tours à vos intestins, nombreux en ont fait les frais…), et prendre un cachet de vitamine C le matin des épreuves (l’action étant essentiellement psychologique et placebo, mais tout de même rassurante). Enfin, avant et entre les épreuves vous pouvez relire vos notes, vos fiches d’erreurs récurrentes, ou bien lire un roman pour vous échapper de la tension … N’oubliez pas de prévoir le double de stylos, de calculatrices et de piles. Mais aussi l’eau et l’encas dans votre sac pour la journée. Et n’oubliez pas : vous avez travaillé du mieux que vous pouviez pour en arriver là, quel que soit le résultat final.

Conclusion 

En somme, même si cette année est vécue différemment par chacun, et même si vous aurez tous des astuces et une organisation vous menant à la réussite qui vous sera propre, gardez en tête de :

  • être régulier
  • bien manger
  • bien dormir
  • garder une activité sportive, musicale ou extra-scolaire
  • faire des pauses EFFICACES
  • couper votre téléphone lors des temps de travail 
  • trouver VOTRE propre méthode de travail et organisation, qui fonctionnent pour vous
  • trouver votre rythme et vos supports de travail dès le début de l’année 
  • dépasser vos moments de doutes, vos angoisses ou votre stress pour repartir de plus belle

Vous allez plus apprendre durant cette unique année de concours, que ce que vous avez appris depuis le début de votre vie. Alors oui c’est difficile, mais aussi super stimulant. Personne ne comprendra ce que vous traversez à moins d’être passé par cette année de concours. Et, quel que soit le résultat, vous en ressortirez grandi et muri, vous apprendrez sur vous-même et découvrirez des ressources insoupçonnées jusqu’alors. La première année aura été pour moi : une expérience intellectuelle et humaine hors du commun.

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