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Nouveau Bac : un bilan jugé désastreux par les professeurs

La session 2022 est la première à tester le nouveau Bac dans son intégralité. Après deux ans d’application, le temps est au bilan. Dans un récent communiqué, les professeurs dénoncent une réforme « calamiteuse ». 

Un Bac désormais sans valeur ? 

La réforme Blanquer, qui a notamment supprimé de nombreuses épreuves écrites au profit d’une évaluation en contrôle continu, ne fait pas du tout l’unanimité au sein du corps professoral. Ce qui est d’abord dénoncé, c’est la remise en question de la valeur certificative de l’examen à cause, précisément, de ce passage en contrôle continu. Par ailleurs et contre toute attente, les nouvelles modalités d’évaluation du Baccalauréat n’ont pas vraiment joué en la faveur des bacheliers cette année puisque l’on assiste à une baisse de 4 points du taux de réussite au bac : 86 % des candidats ont été admis à l’issue du premier groupe, contre 91 %  l’année dernière. Ces résultats sont également en baisse si on les compare à 2020, dernière année de l’ancienne mouture de l’épreuve du Baccalauréat avec les séries BAC S, BAC ES et BAC L qui avait vu 91,5 % de candidats reçus à l’issue du premier groupe, avec 94,3 % de réussite en filière générale.

Des copies surévaluées ? 

La correction des copies de Bac ne s’effectue plus sur papier. Les copies sont numérisées et corrigées via le logiciel Santorin. Aussi, cette année, de nombreux professeurs correcteurs ont vu leurs notes majorées sans leur accord. Il s’agit de moyennes qui ont été revues à la hausse par la commission d’harmonisation. Les professeurs concernés se disent dépossédés de leur évaluation. Par ailleurs, les consignes de correction et les barèmes imposés ont, selon les jury de Bac, favorisé une surestimation des copies et donc une dévaluation de l’examen. 

Le calendrier du nouveau Bac vivement critiqué 

Le calendrier du nouveau Bac prévoit deux temps d’évaluation écrites : les deux épreuves de spécialité en mars et les épreuves terminales (Philosophie et Grand Oral) en juin. Cette année, les épreuves de spécialité ont été reportées au mois de mai. Toutefois, les professeurs en charge de ces disciplines ont dénoncé le manque le temps pour terminer les programmes et donc de permettre aux élèves d’aborder leurs épreuves sereinement. Si avec un mois supplémentaire le temps a quand même fait défaut aux enseignants, personne n’ose imaginer le résultat si les épreuves avaient eu lieu un mois avant ! Enfin, une fois les épreuves passées, les professeurs ont constaté une démobilisation importante chez les élèves, le Bac étant quasiment joué. Pourtant, les notions traitées, même en fin d’année, sont essentielles pour amorcer les études supérieures. 

Le Grand Oral : une épreuve mal définie 

L’épreuve du Grand Oral est une nouveauté de la réforme de Bac. Il s’agit d’un oral portant, en autres, sur une ou sur les deux épreuves de spécialité. Si le coefficient est important (10 en filière générale), les dispositions mises en place pour accompagner les élèves sont lacunaires. En effet, aucune plage horaire n’est dédiée à la préparation de cette épreuve. Les professeurs sont contraints à former leurs élèves dans le cadre des cours de spécialité, ce qui n’aide absolument pas à favoriser l’avancée dans le programme. En outre, il s’agit d’une épreuve pour laquelle les consignes de notation et les attendus restent encore flous, selon les professeurs confrontés depuis l’année dernière à cette évaluation. 

Les requêtes des enseignants 

Afin de pallier tous ces dysfonctionnements, la Conférence des associations de professeurs spécialistes demande une révision du Nouveau Bac axée sur différents points : 

  • un passage des épreuves spécialités en juin, en même temps que les épreuves terminales, 
  • un sujet unique et national pour les épreuves de spécialités, 
  • un horaire dédié à la préparation du Grand Oral
  • un nouveau calendrier des épreuves du Bac.

De manière générale, les professeurs demandent un retour à des épreuves nationales et anonymes. Finalement, ce que déplore le corps enseignant est le manque de sélection au niveau Bac. Pourtant, cette sélection existe bel et bien : elle s’effectue au niveau des études supérieures. Aussi, il est nécéssaire de ne pas se contenter de l’obtention du Bac et, d’au contraire, s’assurer de bonnes bases au lycée si l’on souhaite réussir ses études supérieures. 

 

 

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