L’ingénieur électronique est au cœur de la conception et du développement de nombreux produits technologiques : objets connectés, systèmes embarqués, équipements médicaux, dispositifs industriels ou encore matériels de télécommunication. Son rôle consiste à transformer une idée fonctionnelle en un circuit réel et performant.
Quelles sont les missions d’un ingénieur électronique ?
Les missions principales d’un ingénieur électronique couvrent l’ensemble du cycle de vie des systèmes électroniques, de la conception initiale à la mise en production. Elles incluent la conception analogique et digitale, le prototypage rapide, les tests de compatibilité électromagnétique (EMC), ainsi que la validation et l’optimisation des performances.
Les principales missions d’un ingénieur électronique
L’ingénieur électronique intervient sur l’ensemble du cycle de développement des systèmes électroniques, en combinant expertise technique et rigueur industrielle.
Conception analogique et numérique : Il définit l’architecture matérielle à partir d’un cahier des charges précis, sélectionne les composants adaptés comme les amplificateurs, microcontrôleurs ou capteurs, puis modélise les schémas via des outils de CAO tels qu’Altium Designer ou KiCad. Il dimensionne les circuits pour respecter les contraintes critiques de puissance, de bruit et de bande passante, assurant ainsi une performance optimale dès la phase de design.
Prototypage : Il réalise des prototypes fonctionnels sur cartes de développement ou PCB personnalisés, assemble manuellement les composants et intègre le firmware associé. Cette étape permet de tester concrètement l’interopérabilité entre hardware et logiciel, d’identifier les faiblesses précoces et d’itérer rapidement avant la production.
Tests et validation EMC : Il conduit des mesures en laboratoire avec des équipements comme les oscilloscopes ou analyseurs de spectre, simule les comportements via LTSpice, et valide la conformité aux normes CEM telles que IEC 61000. Toute interférence électromagnétique détectée est corrigée pour garantir la fiabilité en environnement réel.
Autres responsabilités : Il supervise le passage en production en série, gère l’obsolescence des composants pour anticiper les ruptures d’approvisionnement, rédige les rapports d’homologation réglementaires, et maintient une veille active sur les évolutions technologiques comme l’IoT ou l’électronique de puissance. Ces tâches transversales renforcent la compétitivité des produits sur le long terme.
Prenons le cas d’un ingénieur travaillant sur un capteur de température connecté pour maison intelligente. Il commence par concevoir un circuit analogique pour la capture précise du signal (amplificateur faible bruit + ADC 24 bits), puis un volet numérique avec un microcontrôleur ESP32 pour le traitement et la transmission Wi-Fi. Après prototypage sur breadboard, il routage le PCB en 4 couches, intègre un firmware en C pour la gestion bas énergie. Enfin, il valide via tests EMC en chambre anéchoïque, mesurant les émissions radiées sous 1 GHz pour respecter la directive RED 2014/53/UE, et optimise pour une consommation < 10 µA en veille.
- Conception analogique & numérique : schémas, choix des composants, dimensionnement des circuits
- Prototypage : réalisation de cartes électroniques, intégration hardware / firmware
- Tests & validation : mesures électriques, fiabilité, conformité CEM / EMC
- Industrialisation : passage en production, gestion des composants et de l’obsolescence
- Veille technologique : IoT, électronique de puissance, systèmes embarqués
Les compétences de l’ingénieur électronique
L’ingénieur électronique allie expertise théorique en physique et électronique à une maîtrise pratique des outils numériques pour concevoir des systèmes complexes et innovants, du prototype à la production industrielle.
Conception de PCB : Il maîtrise la conception de circuits imprimés multicouches avec des logiciels comme Altium Designer, KiCad ou OrCAD, en gérant le placement des composants, le routage haute vitesse (différentiel, impédance contrôlée), les strates (jusqu’à 16 couches), et l’intégration de contraintes thermiques, mécaniques et de fabricabilité (DFM). Cette compétence permet d’optimiser la densité, minimiser les EMI et assurer une assemblage SMT/THT efficace en usine.
Simulation SPICE : Il exploite des outils comme LTSpice, PSpice ou Multisim pour modéliser les circuits analogiques/numériques, simuler les transitoires, analyses AC/DC, comportements non linéaires (diodes, transistors) et effets parasites (bruit, couplage). Cela anticipe les dysfonctionnements réels, réduit les itérations prototypes et valide les performances avant fabrication physique.
Programmation FPGA : Il conçoit des logiques reconfigurables sur FPGA (Xilinx Vivado, Intel Quartus) en VHDL/Verilog/SystemVerilog, implémente des IP cores (processeurs soft, interfaces PCIe/Ethernet), optimise la consommation et la fréquence (jusqu’à GHz), puis vérifie via simulation (ModelSim) et tests en hardware (JTAG). Idéal pour applications temps réel comme radar, IA embarquée ou 5G.
Gestion de BOM : Il pilote la Bill of Materials via Excel, Arena ou systèmes PLM, sélectionne des composants qualifiés (RoHS, AEC-Q100) chez fournisseurs comme Digi-Key ou RS Components, calcule les coûts unitaires/NRE, gère l’obsolescence (PCN), les alternatives et les stocks minimaux. Cela sécurise la supply chain et optimise le budget projet tout en respectant les délais de production.
- Conception PCB : schémas et routage multicouches, signaux haute vitesse, CEM, DFM
- Simulation SPICE : validation des performances, analyses AC/DC, transitoires, bruit
- FPGA & logique numérique : VHDL / Verilog, IP cores, systèmes temps réel
- Gestion de BOM : sélection composants, coûts, obsolescence, supply chain
Parcours formation pour devenir ingénieur en électronique
Devenir ingénieur en électronique nécessite un parcours rigoureux, souvent post-bac+2 via classes préparatoires ou admissions parallèles, menant à un diplôme d’ingénieur CTI (bac+5). Ce métier valorise à la fois la formation initiale et les certifications continues pour suivre l’évolution rapide des technologies.
Les écoles d’ingénieurs spécialisées pour devenir ingénieur en électronique
Les meilleures écoles françaises forment des ingénieurs généralistes ou spécialisés en électronique, systèmes embarqués et télécoms, classées par des palmarès comme celui de 2026 des Meilleurs Bachelors. CentraleSupélec domine avec sa spécialité Électronique sur les campus de Paris-Saclay et Rennes, axée sur les systèmes complexes et multidisciplinaires. L’ENSEA suit de près, reconnue pour ses plateformes technologiques en RF, antennes et systèmes embarqués intelligents. Parmi les autres références : ENSEEIHT (électronique et énergie électrique), ENSIL (électronique et télécoms) ou encore CPE Lyon et ESIGELEC pour des parcours en informatique et télécoms embarquées.
Ces écoles exigent généralement 2 ans de classes préparatoires scientifiques (MP/PC/PSI) pour l’admission via concours (Polytechnique, Centrale, Mines, ENSIIE).
Pour booster vos chances d’intégrer l’une d’elles, optez pour les préparations aux concours ingénieurs Cours Thalès.
Les certifications en électrotechnique et électronique
Au-delà du diplôme d’ingénieur, des certifications RNCP ou professionnelles renforcent significativement le profil, particulièrement prisées pour les reconversions, spécialisations ou évolutions en industry 4.0. Elles valident des compétences ciblées via blocs modulaires, formations continues ou VAE (Validation des Acquis de l’Expérience), adaptées aux contraintes professionnelles.
Certificat Professionnel Technicien en Électrotechnique (CNAM) : Accessible sans prérequis (niveau bac minimum recommandé), ce titre RNCP (50 crédits ECTS, durée 1 an en continu ou alternance) forme à la conception, l’installation et la maintenance d’installations électriques intelligentes (domotique, réseaux BT/HT). Les modules couvrent les normes NF C 15-100, les automates programmables et les énergies renouvelables ; validation par projets terrain, examens ou VAE pour une reconnaissance immédiate en entreprise.
BTS Électrotechnique (RNCP niveau 5) : Diplôme bac+2 professionnalisant (2 ans post-bac, en lycée ou alternance), il met l’accent sur les contrôles électriques, essais de conformité, diagnostic de pannes et gestion qualité (ISO 9001). Au programme : machines tournantes, variateurs de vitesse, capteurs connectés et sécurité électrique ; idéal pour techniciens évoluant vers ingénieur via licences pro ou passerelles écoles.
Certificat Professionnel Technicien en Électronique (CNAM) : Spécifique à l’électronique embarquée (niveau bac+2, 40 crédits), il aborde la conception de cartes (PCB), mesures précises (oscilloscopes, multimètres), maintenance de systèmes numériques/analogiques et tests EMC. Modules pratiques sur Arduino/Raspberry, firmware basique et normes RoHS ; accessible en distanciel ou VAE jusqu’en 2030, parfait pour spécialiser un profil ingénieur en production ou R&D.
- Voie principale : CPGE scientifiques (MP / PC / PSI) ou admissions parallèles → écoles d’ingénieurs
- Écoles de référence : CentraleSupélec, ENSEA, ENSEEIHT, CPE Lyon, ESIGELEC, ENSIL
- Spécialisations clés : électronique, systèmes embarqués, télécoms, RF, énergie
• BTS Électrotechnique (bac+2) → poursuites ingénieur
• Certificat Technicien Électronique / Électrotechnique (CNAM, RNCP)
• Formation continue & VAE pour évolution Industry 4.0
Quel est le salaire moyen d’un ingénieur électronique ?
En France en 2026, le salaire moyen d’un ingénieur électronique s’élève à environ 65 500 € brut par an, soit 3 870 € net par mois, primes incluses, bien au-dessus de la moyenne nationale.
Le salaire d’un profil ingénieur électronique junior vs senior
La rémunération d’un ingénieur électronique varie fortement selon l’expérience, reflétant l’évolution rapide des compétences techniques et responsabilités managériales au fil de la carrière.
Un ingénieur junior (1-3 ans d’expérience, sortie d’école d’ingénieurs) débute généralement entre 36 700 € et 42 500 € brut par an, soit environ 2 370 à 2 800 € net mensuel après charges sociales. Ces profils intègrent souvent des PME innovantes, des startups IoT ou les services R&D d’équipementiers, avec des missions centrées sur le prototypage PCB, les simulations SPICE et l’assistance aux seniors sur des projets existants. Les primes restent modestes (1-3k€/an pour participation), complétées par des avantages comme 13e mois ou RTT, dans des régions comme Toulouse ou Grenoble où le coût de la vie est modéré.
Un ingénieur senior (10+ ans d’expérience), fort d’une expertise pointue en FPGA, systèmes embarqués critiques ou électronique de puissance, atteint une rémunération moyenne de 84 500 € brut annuel, pouvant grimper jusqu’à 147 000 € en fin de carrière. Ces postes de lead technique, architecte hardware ou responsable R&D se trouvent dans l’aéronautique (Safran, Thales), la défense ou le ferroviaire (Alstom), avec des packages incluant primes de performance (15-25k€), intéressement, stock-options en SSII et véhicules de fonction. À Paris ou en bord de Seine, les seniors négocient souvent des fourchettes 90-120k€ pour encadrer des équipes de 5-10 ingénieurs sur des programmes stratégiques.
Les variables à prendre en compte pour le salaire d’un profil ingénieur électronique
Plusieurs facteurs influencent fortement la rémunération d’un ingénieur électronique, transformant une base moyenne en package personnalisé selon le profil et le contexte.
L’expérience cumulée est le levier principal, doublant ou triplant le salaire en 10-15 ans via promotions internes ou mobilités. Les spécialisations rares comme FPGA (Vivado/Quartus), électronique embarquée temps réel (RTOS FreeRTOS), power electronics (SiC/GaN pour VE) ou RF/milléimétrique (+29% vs moyenne généraliste) attirent des primes techniques, car ces compétences critiques manquent cruellement dans l’industrie aéronautique, défense ou 5G. À l’inverse, les profils polyvalents en maintenance ou intégration système démarrent 10-15% plus bas, avec une progression plus lente sans niche pointue.
L’Île-de-France domine avec un médian à 47 500 €, boosté par la concentration de majors (Thales, Safran, Stellantis) et le coût immobilier parisien, offrant souvent +20% vs province. Grenoble (microélectronique STMicro), Toulouse (aérospatial Airbus) ou Sophia Antipolis (télécoms) suivent à 42-45k€ médian, tandis que Bretagne/Pays de la Loire stagnent à 37 500 € malgré des pôles navires/drones, compensés par un pouvoir d’achat supérieur grâce à des loyers 40% inférieurs.
L’aéronautique/défense (Thales, Dassault, MBDA) mène avec 65-90k€ pour seniors, grâce à des contrats long terme et normes strictes (DO-160/254). L’automobile (Renault, Valeo) ou ferroviaire (Alstom) paie 10-15% moins pour volumes élevés mais marges serrées. Les grands groupes (50-70k€ moyen) surpassent les PME/ETI (40-55k€), qui offrent en contrepartie plus d’autonomie, equity en startup deeptech, mais stabilité moindre face aux cycles économiques.
- Junior (1–3 ans) : 36 700 € → 42 500 € brut/an
- Confirmé (4–9 ans) : 45 000 € → 65 000 € brut/an
- Senior / expert (10+ ans) : 80 000 € → 120 000 €+ brut/an
• FPGA, embarqué critique, RF, électronique de puissance
• Île-de-France (+15 à 20%)
• Aéronautique, défense, semi-conducteurs
Les secteurs qui embauchent les Ingénieurs Electroniques
Les ingénieurs électroniques sont recherchés dans une multitude de secteurs stratégiques où l’électronique pilote l’innovation, de l’IoT aux systèmes critiques. L’Internet des Objets (IoT) absorbe une part croissante des talents pour développer capteurs intelligents, wearables de santé et plateformes edge computing dans la domotique ou les smart cities, avec une demande boostée par la 5G et l’IA embarquée. Le secteur industriel et l’Industry 4.0 mobilisent ces experts pour l’automatisation avancée, la robotique collaborative et la maintenance prédictive via systèmes embarqués robustes, intégrant vision artificielle et PLC programmables. L’automotive explose avec l’électronique de puissance pour batteries VE, ADAS niveau 4 et infotainment 5G, tandis que l’aéronautique/défense exige des compétences en avionique certifiée, drones autonomes et radars actifs, soumis à des normes DO-254 ultra-strictes. Le médical recrute pour l’imagerie haute résolution (IRM, échographie), implants connectés et monitoring en temps réel, et les télécoms/énergie pour les antennes massives MIMO, onduleurs solaires haute efficacité ou réseaux fibre intelligents.
Exemples de grosses entreprises qui recrutent des Ingénieur Electronique
Les majors publient des centaines d’offres en 2026, priorisant R&D hardware et validation CEM. Thales domine en défense avec des postes en optronique et systèmes radar à Vélizy ou Gémenos, intégrant FPGA pour traitement temps réel. Safran cible l’électronique avionique (FADEC, capteurs inertiels) sur sites de Villaroche ou Bordes pour programmes A320neo et moteurs hybrides. MBDA et Dassault Aviation embauchent intensivement en conception missile et furtivité à Bourges/Saint-Cloud, avec focus VHDL et power supplies. Dans l’automotive, Stellantis et Renault Group recrutent pour électronique embarquée à Poissy/Vélizy (batteries 800V, V2G), rejoints par Valeo en ADAS LiDAR à Cergy. STMicroelectronics excelle en semi-conducteurs IoT/automobile à Crolles/Grenoble, tandis que Schneider Electric propose des missions industrielles (IIoT, variateurs) à Rueil-Malmaison. Les ESN comme Bertrandt, Segula Technologies ou Alten complètent avec des CDI en sous-traitance PCB pour ces géants, offrant mobilité et volumes constants.
- IoT & Smart systems : capteurs, edge computing, 5G, wearables
- Industrie 4.0 : automatisation, robotique, maintenance prédictive
- Automobile & mobilité : VE, électronique de puissance, ADAS
- Aéronautique & défense : avionique, radars, drones certifiés
- Santé & médical : imagerie, implants, monitoring connecté
- Télécoms & énergie : 5G MIMO, solaire, réseaux intelligents
Thales, Safran, Airbus, Dassault, MBDA
Stellantis, Renault, Valeo
STMicroelectronics, Schneider Electric
Alten, Segula, Bertrandt
FAQ – Questions fréquentes sur les Ingénieurs Électroniques
Découvrez ci-dessous les questions les plus fréquemment posées sur les Ingénieurs Électroniques.
Quelles sont les principales missions d’un ingénieur électronique ?
Les principales missions d’un ingénieur électronique couvrent la conception analogique et numérique, le prototypage, la validation EMC, et la supervision de la production en série, tout en assurant la conformité réglementaire et en optimisant les performances des systèmes.
Quelles compétences l’ingénieur électronique doit-il maîtriser ?
L’ingénieur électronique doit maîtriser la conception de PCB, la simulation SPICE, la programmation FPGA, et la gestion de la bill of materials (BOM), combinant compétences théoriques en physique et électronique à une pratique avancée des outils numériques.
Quel parcours de formation est nécessaire pour devenir ingénieur en électronique ?
Il faut généralement suivre un parcours post-bac+2 via classes préparatoires ou admissions parallèles, menant à un diplôme d’ingénieur reconnu, avec des spécialisations possibles en électronique, systèmes embarqués ou télécommunications.
Quels sont les certifications professionnelles avantageuses pour un ingénieur électronique ?
Les certifications telles que le Certificat Professionnel Technicien en Électrotechnique, le BTS Électrotechnique, ou le Certificat Professionnel Technicien en Electronique permettent de renforcer le profil et d’accéder à des spécialisations ou des évolutions de carrière.
Quel est le salaire moyen d’un ingénieur électronique en France ?
En 2026, le salaire moyen d’un ingénieur électronique en France s’élève à environ 65 500 € brut par an, variant selon l’expérience, la localisation, le secteur, et la spécialisation, avec des rémunérations pouvant dépasser 100 000 € pour les profils expérimentés et responsables.
L’ingénieur électronique reste un acteur incontournable de l’innovation technologique, au cœur des révolutions IoT, automobile électrique et aéronautique durable. Maîtrisant PCB, FPGA, simulations SPICE et BOM dans des cycles de développement exigeants, il conjugue créativité technique et rigueur industrielle pour transformer des concepts en produits performants et certifiés.