Beaucoup de lycéens souhaitent devenir médecin et donc se diriger vers des études de médecine, qu’ils aient déjà une idée très précise de leur projet professionnel en tête ou pas encore. Entre les parents, les amis, les séries télévisées, le cinéma, et la promotion prestigieuse qu’en font les professeurs, l’orientation médecine est très en vue et prisée. Avant toute chose il est important de se renseigner sur le métier en lui-même, en se posant les bonnes questions :

  • le métier de médecin pourra-t-il vous plaire ?
  • le métier de médecin est-il fait pour vous ?
  • êtes vous assez travailleur pour les études de médecine ?

Quelle orientation choisir pour devenir médecin ? 

Pour devenir médecin, il est recommandé de choisir une orientation scientifique au lycée, mais cela n’est pas obligatoire. En effet, certains étudiants ayant des profils plutôt littéraires ou économiques ont réussis leurs études de médecine et sont aujourd’hui d’excellents professionnels de santé. Toutefois, une orientation scientifique au lycée augmente fortement vos chances de réussite une fois à la faculté de médecine.

  • Pour les étudiants entrant en Terminale pour l’année 2019/2020 – dernière promotion passant le baccalauréat avant la réforme BAC 2021 – les filières S, STL (Sciences et Technologies de Laboratoire) ou STI2D (Sciences et Technologies de l’Industrie et du Développement Durable) sont à privilégier. En revanche concernant les spécialités à choisir en Terminale, vous êtes libre sélectionner celle qui vous rapportera le plus de points au bac, en effet elles ne seront pas discriminantes pour votre poursuite d’étude en première année de médecine.
  • Pour les étudiants bénéficiant de la réforme du bac 2021, donc entrant en Terminale à partir de septembre 2020 pour l’année scolaire 2020/2021, il est très fortement recommandé parmi les trois spécialités à choisir en Première, et les deux en Terminale, de sélectionner la Physique-Chimie, essentielle pour beaucoup de matières de première année. Pour en savoir plus sur ce point, nous vous invitons à consulter notre dossier spécial « Quelles spécialités pour les études de médecine ?« . Concernant les autres spécialités, les mathématiques et la SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) sont également recommandées, mais suite à la réforme et fin de la PACES le gouvernement souhaite favoriser les profils diversifiés, vous pouvez tout à fait, théoriquement, choisir «Humanité, Littérature et Philosophie» ou «Langues, Littérature et Cultures étrangères».

Les croyances communes et autres légendes urbaines propagent l’idée qu’il est nécessaire d’avoir obtenu une mention «Bien» ou «Très Bien» au baccalauréat pour devenir médecin.  Le lycée et les études de médecine sont très différents : nombreux sont les étudiants dits «moyens» qui excellent une fois à l’université, et beaucoup d’excellents élèvent échouent. Aucune mention n’est donc requise, l’important est d’avoir des acquis solides sur lesquels construire ses nouvelles connaissances une fois étudiant.

Les orientations scientifiques sont donc à privilégier mais non obligatoires, sans attente de mention au baccalauréat, mais des acquis solides sont attendus en mathématiques et physique-chimie.

Quel profil pour devenir médecin ? 

Une fois encore, il n’existe pas un «profil type du futur médecin», et heureusement. De plus, entre la réforme du baccalauréat 2021 et celle des études de santé, les ministères de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Santé, souhaitent de plus en plus privilégier des profils variés dans le recrutement et la formation des professionnels de santé. Cependant, certains aspects et attraits sont communs à beaucoup de médecins et dans l’optique d’entreprendre ce choix de vie il est souhaitable que :

  • Vous soyez persévérant, travailleur, et prêt à de longues années d’étude. Pour être «Docteur en Médecine», donc une fois votre thèse passée, il faut compter minimum 10 ans d’études après le bac. Certes ce ne sont pas 10 années de cours magistraux théoriques, entre les stages, l’externat ou l’internat, mais ce sont tout de même des années avec des partiels, des examens, et un salaire très faible, voire inexistant.
  • Être prêt à beaucoup apprendre par cœur. Non, ce n’est pas passionnant, mais il faut passer par là. De nombreux élèves sont mauvais en mémorisation, mais travailler sa mémoire et s’y entraîner est un passage obligé pour qui souhaite un jour devenir médecin. Avantageusement, plus on travaille, plus apprendre devient aisé, ce qui est favorable dans une profession où on apprend toute sa carrière et sa vie durant, donc mieux vaut y être préparé 😉
  • Un caractère dit «plutôt scientifique» ou une facilité avec les sciences est certes un avantage, mais loin d’être indispensable. Ces atouts sont surtout utiles pour les premières années, mais ne sont pas des conditions sine qua non de réussite. Beaucoup d’étudiants ayant également des profils artistiques par exemple éprouvent des facilités une fois devenus étudiants en médecine. Toutefois, soyez prêt à vous engager sur un terrain scientifique, même si celui-ci diffère des sciences dites «dures» telles que les mathématiques ou la physique.
  • De préférence, aimer le contact humain et être patient. La composante humaine est souvent la plus difficile à gérer une fois confronté à des patients, quels qu’ils soient. Si vous n’aimez pas ce type de relation humaine, vous pouvez toujours vous diriger vers l’anatomo-pathologie ou la médecine légale, mais ces spécialités sont bien moins nombreuses que celles plaçant la patientèle au cœur de la pratique.

Ainsi, nul besoin d’aimer les sciences pour devenir médecin, mais il faut être prêt à beaucoup travailler et apprendre, que ce soit via des cours théoriques ou via de la pratique clinique face aux patients.

Quelles études pour devenir médecin ?

le parcours médecine

Jusqu’à la rentrée 2020, la PACES (Première Année Commune des Études de Santé) et son concours régissent et sélectionnent les étudiants qui auront le droit de poursuivre leurs études de médecine. Ensuite, la PACES sera remplacée par le Portail Santé. Les modalités détaillées seront communiquées prochainement, mais ce qu’il faut globalement retenir est que :

  • L’admission restera celle d’une université, donc tout le monde sera a priori accepté à s’inscrire en première année.
  • Il sera sélectif : le mode de sélection va changer mais pas le nombre de place dans les universités. Une fois encore il faudra travailler dur, même si la sélection se fera par des examens et non plus par un concours et son numerus clausus.
  • Le redoublement ne seront plus autorisés, toutefois tout étudiant aura droit à deux opportunités d’un jour devenir médecin ; soit via le Portail Santé, soit via une passerelle avec les Licences à mineur santé.

Au-delà de la première année, les études médicales sont schématiquement organisées autour de trois grands cycles. Toutefois, des réformes sont en cours, notamment concernant la 6e année dont les modalités ne sont pas encore pleinement établies.

  • Premier Cycle ou DFGSM (Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales) – 3 ans : constitué de la première et la deuxième année qui sont des années théoriques d’apprentissage des bases fondamentales de la médecine. Dans certaine faculté, la pratique clinique commence dès la troisième année mais dans la majorité des établissements elle débute au deuxième cycle.
  • Deuxième Cycle ou DFASM (Diplôme de Formation Approfondies en Sciences Médicales) – 3 ans : appelé «externat», l’étudiant se retrouve intégré à part entière dans l’équipe médicale d’un service hospitalier où il apprend la médecine au lit du patient, tout en préparant le concours de l’internat. Le temps de pratique clinique à l’hôpital est de 20h par semaine (incluant les gardes et astreintes), mais n’est pas toujours respecté et souvent excédé. Il y est possible de réaliser des doubles cursus. Salaire : entre 1 € et 2 € honorifiques de l’heure, selon l’année d’étude, hors garde.
  • Troisième Cycle – 4 ans pour Médecine Générale, 5 ans pour les spécialités médicales, 6 ans pour les spécialités chirurgicales : «l’internat», l’étudiant après avoir passé son concours choisit en fonction de son classement national, sa spécialité et le lieu d’exercice. Il est désormais responsable des prescriptions, des hospitalisations, des consultations du service. Au terme de ce cycle, il passe sa thèse aboutissant au diplôme d’État de docteur en médecine. Le temps de travail théorique à l’hôpital est de 48h par semaine (incluant les gardes et astreintes), mais n’est pas toujours respecté et est souvent excédé (le temps pratique est de 60h/semaine, avec un intervalle allant de 48h à plus de 80h/semaine). Salaire allant du SMIC à un peu plus de 2 000 € par mois selon le nombre d’années d’étude, hors gardes.

La spécialisation du futur médecin ne se fait donc qu’à la fin de la 6e année, et son choix est conditionné par le classement qu’il obtient aux Épreuves Classantes Nationales (ECN, faisant actuellement l’objet d’une réforme, avec un potentiel contrôle continu envisagé). Au total, il existe 44 spécialités : 13 d’entre elles sont dédiées à la discipline chirurgicale, 28 autres relèvent de la discipline médicale ; la biologie médicale étant l’unique spécialité de la discipline biologique, à savoir :

  • En chirurgie : Chirurgie esthétique ; Chirurgie Maxillo-Facial-Stomatologie ; Chirurgie pédiatrique ; Chirurgie Vasculaire ; Chirurgie Viscérale et digestive ; Gynécologie Obstétrique ; Médecine légale et expertise ; Neurochirurgie ; Ophtalmologiste ; ORL (oto-rhino-laryngologie) et chirurgie cervico-faciale ; Orthopédie ; Urologie.
  • En médecine : Allergologie ; Anatomie et cytologie pathologique ; Anesthésie ; Cardiologie ; Dermatologie ; Endocrinologie-nutrition ; Génétique ; Gériatrie ; Gynécologie médicale ; Hématologie ; Hépato-gastro-entérologie ; Maladies infectieuses et tropicales ; Médecine du travail ; Médecine générale ; Médecine interne ; Médecine nucléaire ; Médecine physique et réadaptation ; Néphrologie ; Neurologie ; Oncologie ; Pédiatrie ; Pneumologie ; Psychiatrie ; Radiologie ; Réanimation ; Rhumatologie ; Santé publique ; Urgentiste ; Santé Publique.

Une fois diplômé, il est également possible d’entreprendre des DU (Diplômes Universitaires, payants) pour se spécialiser dans un ou plusieurs domaines particuliers : soins palliatifs, douleur en oncologie, sexologie, addictologies, etc.

Lors de l’entrée dans la vie active, que vous vous dirigiez vers le milieu libéral (ouverture de cabinet, remplacements) ou hospitalier (post-doctorat, Chef de Clinique Assistant), le volume horaire reste élevé, sensiblement moindre que lors de l’internat. Il faut compter en moyenne entre une cinquantaine et une soixantaine d’heures par semaine.

La carrière d’un médecin 

Le Diplôme d’Études Spécialisées (DES) aboutit au statut de docteur en médecine, après une formation de de 3 à 5 ans en fonction des spécialités. Plusieurs voies s’ouvrent alors :

  • activité clinique dans un cabinet en libéral
  • carrière hospitalo-universitaire
  • poursuite d’étude vers un Diplôme d’études spécialisées complémentaires (DESC)

Le médecin libéral

Le médecin est à son compte, ouvre son cabinet en ville et reçoit sa patientèle selon l’emploi du temps qu’il s’impose.

Prenons l’exemple d’un médecin généraliste :

  • Début de carrière : consiste souvent en des remplacements en cabinet. L’emploi du temps est donc souvent irrégulier et dépend de la demande.
  • Salaire moyen : entre 2 900 € bruts et 16 000 € bruts par mois en France, correspondant à un salaire moyen de 9 990 € brut par mois, soit entre 1 700 € et 8 600 € net par mois, avec un salaire moyen de 4 900 € net par mois.
  • Missions : prise en charge globale d’une patientèle large, de l’enfant à la personne âgée. La prise en charge est complète : médicamenteuse, psychologique, suivi des patients, etc. Cette spécialité est souvent sous-estimée mais la diversité de ses missions et des patients la rendent plus complexe qu’il n’y paraît.
  • Évolution : se mettre à son compte en ouvrant son propre cabinet
  • Avantages : travailler en libéral et être c indépendant, ne pas faire partie d’un système hiérarchisé, avoir plus de liberté, diversité de la prise en charge, création d’une patientèle, suivre ses patients dans la durée.
  • Inconvénients : devoir tout prendre en charge seul d’un point de vue pratique et financier : le secrétariat, les assurances, l’administration, la non reconnaissance face au grand public et aux autres professionnels de santé.

Le médecin hospitalo-universitaire (HU)

Le premier poste étant Chef de Clinique Assistant le dernier Professeur des Universités – Praticien Hospitalier dans l’ordre hiérarchique. L’activité du médecin est triple ; clinique en tant que responsable d’une unité de soin dans un service spécialisée hospitalier, enseignant à la faculté et chercheur dans un laboratoire. Il est donc amené à publier les résultats de ses recherches dans des revues médicales et scientifiques.

Pour une carrière hospitalière simple, prenons l’exemple d’un médecin neurologue

  • Début de carrière : chef de Clinique Assistant (CCA).
  • Salaire moyen : entre 1 200 € et 6 500 € par nets par mois hors garde, selon le statut et l’ancienneté
  • Missions : prise en charge des patients dans des hôpitaux et structures publiques.
  • Évolution : devenir praticien hospitalier (PH)
  • Avantages : la diversité de la patientèle, appartenance à un groupe et à une grande structure, travail en équipe, stimulation intellectuelle
  • Inconvénients : pour gravir les échelons il faut s’armer de patience et attendre que des postes se libèrent.

Pour une carrière hospitalo-universitaire, prenons l’exemple d’un médecin neurologue 

  • Début de carrière : Assistant hospitalo-universitaire (AHU)
  • Salaire moyen : entre 1 700 € et 8 000 € nets par mois hors garde, selon le statut et l’ancienneté en additionnant salaire de l’hôpital et de l’université.
  • Missions : avoir une activité clinique à l’hôpital tout en enseignant et en gardant une activité de recherche.
  • Évolution : maitre de Conférence Universitaire, Praticien Hospitalier (MCU-PH), puis Professeur des Universités, Praticien Hospitalier (PU-PH)
  • Avantages : travaille dans le public, allie son activité clinique à de la Recherche et des cours à l’Université.
  • Inconvénients : avoir à faire une thèse (PhD) pour gravir les échelons, mais il faut également s’armer de patience, passer de nouveaux concours, attendre que des postes se libèrent et entretenir de bonnes relations avec les autres praticiens.

Si une carrière hospitalière vous intéresse, vous trouverez plus de renseignements quant aux nuances entre les différents statuts des médecins à l’hôpital notamment, sur le site de l’Inter Syndicale Nationale des Internes. Vous y trouverez également des informations plus générales et précise sur la vie des Internes, les différentes lois régissant le milieu médical, ou encore les actualités en Santé.

Le métier de médecin ne se limite donc pas à l’exercice de sa fonction purement clinique, mais peut s’élargir à l’enseignement et la recherche, notamment au travers d’une carrière hospitalo-universitaire. Dans son domaine de spécialité, il peut aussi diversifier son activité :

  • En animant des séminaires dans le but de former de nouveaux professionnels de santé ou en collaboration avec des industries pharmaceutiques par exemple
  • Publier des ouvrages à destination des étudiants, des autres professionnels de santé, pour le grand public avec la vulgarisation médicale et scientifiques
  • Travailler au ministère de la Santé comme élu ou comme consultant, en industrie pharmaceutique ou encore aux institutions médicales (Agence Nationale de Sécurité du Médicament ou ANSM, Agence Régionale de Santé ou ARS, etc). Il peut ainsi travailler sur des projets de loi, le développement de nouveaux médicaments ou une amélioration des prises en charge.
  • Travailler dans l’humanitaire afin de former sur place de nouveaux professionnels de santé, participer à la passation des prises en charges, intervenir lors de crises mondiales… Que ce soit en indépendant ou au sein de grandes organisations nationales ou mondiales. En outre l’investissement dans l’humanitaire peut être ponctuel et ne nécessite pas forcément une délocalisation : humanitaire en France, travail dans les bureaux, etc.

Dans le contexte actuel, le métier de médecin et plus que jamais varié et diversifié. Devenir médecin vous apporte une expertise particulière dans le domaine de la santé, de la gestion de la patientèle et des sciences. La façon dont vous mettrez ces connaissances à profit est infinie. A vous de vous façonner le métier de vos rêves, celui qui vous correspond !

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